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Cloud Sovereignty Framework et sécurité économique : quand la souveraineté devient une variable d’achat

Le Cloud Sovereignty Framework s’impose progressivement comme un nouveau standard de sécurité économique et de gouvernance numérique en Europe. Dans un contexte où les entreprises dépendent de plus en plus du cloud pour stocker et exploiter leurs données, la question de la souveraineté ne relève plus d’un simple choix technique : elle devient un critère stratégique dans les appels d’offres, au même titre que le prix ou la performance.

Le Cloud Sovereignty Score, défini par la Commission européenne, vise à mesurer la capacité d’un fournisseur à garantir l’autonomie, la conformité et la résilience de ses services. En d’autres termes, la souveraineté devient désormais une variable d’achat — et donc un levier de compétitivité et de confiance pour les entreprises.

Le Cloud Sovereignty Framework : un nouveau standard de référence

Comprendre les huit axes du score de souveraineté

Le Cloud Sovereignty Score évalue les prestataires sur huit axes pondérés, qui reflètent la maturité et la robustesse de leur offre :

  1. Gouvernance – transparence, responsabilité et contrôle interne ;
  2. Droit – conformité avec les régulations européennes (RGPD, NIS2) et immunité face aux lois extraterritoriales ;
  3. Données – localisation, protection et maîtrise de la chaîne de traitement ;
  4. Opérations – indépendance dans la gestion et la maintenance des services ;
  5. Chaîne d’approvisionnement – maîtrise des sous-traitants et traçabilité des composants ;
  6. Technologie – contrôle du code, des API et interopérabilité avec d’autres environnements ;
  7. Sécurité – certifications, résilience cyber et gestion des incidents ;
  8. Durabilité – empreinte carbone et conformité aux politiques environnementales.

Chaque axe est noté, puis pondéré pour produire un score global de souveraineté. Ce score pourrait, à terme, devenir une exigence formelle dans les appels d’offres publics et privés, notamment pour les entreprises traitant des données sensibles (défense, santé, énergie, collectivités, etc.).

La souveraineté : une nouvelle variable d’achat stratégique

Du prix à la confiance : l’évolution du marché du cloud

Jusqu’ici, les entreprises choisissaient leurs fournisseurs cloud sur la base du coût, de la performance technique et du service client.
Désormais, un quatrième pilier s’impose : la souveraineté.

Le Cloud Sovereignty Score permet aux acheteurs publics comme privés de comparer objectivement les prestataires selon leur niveau de conformité et d’indépendance.
Cette approche transforme profondément la logique du marché :

  • la conformité réglementaire devient un atout commercial ;
  • la localisation des données devient un argument marketing ;
  • la sécurité juridique devient un facteur de confiance.

L’humain, levier central de la souveraineté numérique

La souveraineté ne se limite pas à la technologie : elle repose aussi sur la maturité organisationnelle et humaine.
Les dirigeants doivent :

  • définir une politique interne de gestion des données,
  • sensibiliser leurs équipes aux enjeux de protection informationnelle,
  • intégrer la souveraineté dans leur gouvernance globale (cyber, conformité, achats).

C’est cette cohérence stratégique qui fait la différence entre une entreprise dépendante et une entreprise souveraine.

L’illusion d’une préférence européenne

Une souveraineté encore partielle

Si l’ambition du Cloud Sovereignty Framework est européenne, sa mise en œuvre reste contrastée.
De nombreux prestataires dits « européens » s’appuient encore sur des technologies américaines ou sur des infrastructures mixtes, ce qui rend leur indépendance toute relative.
L’illusion d’une préférence européenne masque souvent une réalité économique : l’écosystème européen reste fragile face à la domination des grands acteurs non européens.

Un enjeu de compétitivité collective

Pour que la souveraineté ne devienne pas un simple label marketing, il faudra :

  • encourager la transparence sur les chaînes technologiques,
  • soutenir les acteurs européens du cloud,
  • harmoniser les critères d’évaluation au niveau de l’Union,
  • et surtout, impliquer les dirigeants d’entreprise dans la gouvernance de la souveraineté.

En définitive, la souveraineté numérique ne se décrète pas : elle se construit, à la croisée des choix économiques, technologiques et humains.

Vers une gouvernance souveraine des données

Anticiper les exigences des futurs appels d’offres

Les entreprises doivent dès aujourd’hui se préparer à l’intégration du Cloud Sovereignty Score dans les marchés publics et les cahiers des charges privés.
Concrètement, cela suppose de :

  • auditer ses dépendances cloud,
  • cartographier ses données critiques,
  • sécuriser ses fournisseurs,
  • documenter ses choix technologiques et juridiques.

Cette approche proactive permettra aux dirigeants de mieux gérer leurs risques économiques, de renforcer la confiance de leurs partenaires et de valoriser leur image de responsabilité numérique.

Un accompagnement stratégique pour renforcer la résilience

SAFEFLY accompagne dirigeants, cadres et responsables IT dans la mise en place de stratégies souveraines :

  • Évaluation du Cloud Sovereignty Score de vos prestataires,
  • Analyse des risques de dépendance technologique,
  • Accompagnement à la conformité NIS2,
  • Formation des équipes à la gouvernance de la sécurité économique.

FAQ – Cloud souverain et sécurité économique

1. Qu’est-ce que le Cloud Sovereignty Framework ?
Un référentiel européen qui définit les critères de souveraineté du cloud et permet d’attribuer un score global à chaque prestataire.

2. Pourquoi le Cloud Sovereignty Score est-il important pour les dirigeants ?
Parce qu’il devient un indicateur de confiance et de conformité, susceptible d’être exigé dans les appels d’offres publics et privés.

3. À qui s’adresse le Cloud Sovereignty Score ?
Le score s’adresse à la fois aux fournisseurs de services cloud (pour évaluer et prouver leur niveau de souveraineté) et aux acheteurs publics et privés (pour comparer et sélectionner les solutions les plus conformes à leurs exigences de sécurité et de conformité). Il constitue donc un outil de décision stratégique pour les dirigeants et les responsables achats.

4. Quand le Cloud Sovereignty Score entrera-t-il en service ?
Le cadre a été publié par la Commission européenne en 2024 et entre actuellement en phase d’expérimentation. Plusieurs grands acteurs du cloud participent à des projets pilotes. Le score devrait être progressivement intégré dans les marchés publics européens dès 2026, avant une adoption plus large par le secteur privé

5. Le cloud souverain est-il forcément européen ?
Non. Certains fournisseurs européens utilisent encore des technologies non européennes, ce qui limite leur autonomie réelle.

6. Comment se préparer à ces nouvelles exigences ?
En auditant ses prestataires, en renforçant sa gouvernance interne et en s’appuyant sur un cabinet spécialisé en sécurité économique et souveraineté numérique.

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